L'édito
Libérez l’économie !
Finances publiques en panique, dette monstrueuse et hors de contrôle, perte de confiance des marchés internationaux... Le moins que l’on puisse dire est que, longtemps soigneusement laissée sous le tapis du débat public, voire totalement moquée dans le sillage du « quoi qu’il en coûte », la maîtrise des comptes publics surgit (enfin !) comme un diable de sa boîte. Rappelons, à toutes fins utiles, que tous nos gouvernements et députés successifs ont adopté depuis 52 ans des budgets systématiquement déficitaires. Et que la dette a augmenté d’un tiers depuis dix ans. Le débat actuel se focalise sur des coupes budgétaires plus ou moins pifométriques, de baisses
de dépenses, mais sans la moindre feuille de route, sans vision, sans cap. Bien sûr qu’il faut tailler à la hache ou à la tronçonneuse dans un Etat qui se mêle de tout, et très mal, pour le ramener à son rôle régalien, en concentrant les moyens là où il doit être fort. Pas sûr qu’il soit dans son rôle quand il produit des dépêches de presse (AFP) ou quand il est au capital de la Française des Jeux. Il compte pas moins de 1750 participations directes dans des entreprises dont il est loin d’être un gestionnaire exemplaire (cf rapport Ifrap n°179). Mais ce qui frappe dans le débat comme les propositions du moment est qu’on se focalise exclusivement sur de nouveaux impôts ou des coupes claires, mais pas du tout sur le retour de la croissance.
Un potentiel considérable
Or c’est de la seule création de richesse collective que l’on peut attendre un assainissement durable de la situation. Pour ce faire, une solution évidente et urgente s’impose : supprimer toutes les entraves et réglementations non essentielles pour faire redémarrer le pays. Pourquoi pas décréter un moratoire de cinq ou dix ans sur certaines mesures bloquantes, certaines normes ? Sans quoi nous serons certes des parangons de vertu sociale et environnementale ; mais à quoi bon être vertueux quand on est mort ? Les entreprises, qui ont montré toutes ces années une capacité d’adaptation et de résilience phénoménale, seront les premières à embrayer et à relancer la machine si tant est qu’on leur fasse confiance et qu’on desserre l’étau administratif et fiscal. Les atouts et le potentiel de la France sont considérables, au premier rang desquels 3,5 millions de dirigeants, de la micro-entreprise à la grande industrie. Libérons leurs énergies !
OLIVIER DUCUING
Directeur de la rédaction